Archive for juillet 2013

Quand 1664 te vend du rêve...

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Cela donne une superbe soirée sobrement intitulée : 16 ème ciel, et que je vais tâcher de vous raconter ici, façon fiche technique et petites photos de mauvaise qualité (c'est le bigo, le veule !). Merci mille fois à Anne-Solene de chez Albine&Co pour cette invitation :)

Lieu :
   Le Café Maritime, Bordeaux

Date : 
   Il y a déjà fort longtemps, cessez-donc de me blâmer ! (3 Juillet)

Dans les faits :
  L'accueil qui nous est réservé dans le magnifique Café Maritime, qui fait face à la Dame de Shanghaï sur le Quai Armand Lalande, est absolument irréprochable. Des hôtesses nous attendent, vérifient notre nom sur leur liste, c'est bon nous y sommes. Nous recevons trois jetons qui sont autant de monnaies pour des consommations - et évidemment, la bière est à l'honneur ce soir. 
Aussitôt entrés, nous avons de la chance : nous sommes happés par des organisateurs pour enfiler un tablier, et être les premiers à cuisiner sous le regard intransigeant du chef Etchebest. Le chef Etchebest justement, parlons-en ! Fidèle à l'image qu'il s'est construite par le biais de l'émission Cauchemar en Cuisine (dont l'Homme, mon Papa et moi sommes des adorateurs, tant pour l'aspect managérial que pour voir le chef gronder les restaurateurs fous !), il est direct, ne tergiverse pas, bref, sa présence en impose. Après nous avoir rappelé l'importance du patrimoine Français, pas vraiment en reste lorsqu'il s'agit de cuisine, il nous révèle combien il aimerait redonner ses lettres de noblesses à la bière. Et il n'a pas tort, il y a là un fort potentiel.
Parce que la bière, se paye un peu trop une réputation de liquide-à-roter, consommée par litres dans les soirées étudiantes ou devant les matchs de foot, bien loin du panache que l'on accorde au vin pour qui c'est plutôt "fromages et grands crus". Et c'est dommage. Parce qu'elle est complexe. Parce qu'elle aussi, sait se décliner en des milliers de saveurs, elle aussi requiert un savoir-faire ancestral, rigueur et méthode, et enfin elle aussi a ses goûteurs, ses professionnels, ses aficionados. 
C'est là l'essence de cette soirée 1664 : nous le faire comprendre. 

Nous poursuivons donc par un atelier confection sous les ordres impérieux du chef Etchebest, et où, malheur, n'entre absolument pas en jeu la fameuse boisson qui nous a réunis là. Dommage. D'autant plus dommage que nous sommes en moyenne six autour d'une table prévue pour trois, qu'il n'y a que deux couteaux, et qu'il en résulte un fouillis particulièrement stressant. Et la recette, sardines au Kiri et au fruit de la passion, se doit d'être accomplie en une petite poignée de minutes. Autant te dire que non, je n'ai pas aimé cette animation, je n'aime pas être speedée, bousculée, et encore moins devoir râler pour récupérer un couteau. Le chef finit par passer, juge sévèrement les uns, félicite les autres, et c'est déjà terminé, prière de laisser vos tabliers aux suivants. Soit. 

La suite nous aura davantage enchantés : curieux tous les trois, nous avons pu découvrir avec une maître brasseur le processus de fabrication de la bière. Ce fut l'occasion de goûter l'orge, torréfiée ou non, de sentir la levure de bière et le houblon, d'apprendre que le gros, gros challenge c'est de fournir chaque année une bière au goût identique à la précédente... Alors que pour des vins, peu nous chaut s'il a davantage le goût de cerise en 2010 et qu'on passe à la noix-de-pécan-long-en-bouche en 2011. Mais pour la bière, blonde brune ou ambrée, que vous achetez en supermarché, c'est plus compliqué : et à priori, le boulot de ces maîtres brasseurs est un véritable challenge chaque année. Sauf pour la Millésime, qui comme son nom l'indique, peut se payer le luxe de varier ses arômes, pratique !

Enfin bref, le reste est agrémenté par de bons amuse-bouches proposés par un traiteur (dont je n'ai bien sûr pas retenu le nom, mea culpa), bons du moins pour les versions froides, les "chauds" m'auront un peu écœurée. C'est ça d'être une Landaise qui n'aime pas le foie frais. Et le tout, arrosé de bière, of course...

En conclusion  : 
  Jolie soirée dans un fort joli cadre, action réussie grâce à l'intervention d'un chef bien médiatique, charismatique mais faussement grognon, dans une animation qui aurait gagné à être moins speed... Le tout couvert par des photographes Headoo, super high-tech. Mais surtout, c'était une belle découverte du monde de la bière, pour la novice que j'étais, je suis ravie d'en avoir appris davantage. Fini le cliché pizza-bière-foot, en fait la demoiselle est bien plus complexe qu'on veut bien nous faire croire. Oh ! Un nouveau champ des possibles ! Merci, 1664, maintenant je n'ai plus qu'à apprendre à la cuisiner & la déguster.