L'incontournable, Bordeaux


Quand on est restaurateur et que l’on décide de nommer son établissement “L’Incontournable”, on a plutôt intérêt à assurer derrière. C’est avec cette idée que j’ai poussé la porte de cette toute petite salle, coincée entre deux rues à quelques pas de Camille Jullian. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est à la hauteur de ce nom légèrement provocateur !

Autant vous prévenir, il est préférable de réserver si vous voulez occuper l’une des rares tables du restaurant. Nous étions huit à y manger hier soir, la capacité doit être d’une trentaine de personnes. Ambiance feutrée, vieux parquet au sol, lourds rideaux pourpres… Cosy sans en faire trop. Un bar longe tout un mur, derrière lequel s’affairent deux filles souriantes. La télévision, fichée dans le mur, relaie un match de foot ; elle reste néanmoins discrète et donne un petit côté “familial” à l’endroit. D’ailleurs, au moment de payer l’addition, nous sommes tombés en admiration devant le match de boxe (autant dire que je n’aurais pas aimé être fachée avec l’Ukrainien qui a mis K.O notre Français !).

Nous prenons place, ils n’ont plus de jus de fraise, je crois défaillir. Tant pis, ce sera Schweppes (Sorry Uma… But you mean Saiqse ?) pour moi, je pilote la Kacahuète pour ramener mon Homme à bon port. La carte est très réduite, un gage de qualité selon moi (une fois, j’ai vu une pub pour un traiteur asiatique, pas moins d’une centaine de plats différents, JAMAIS MANGER JAMAIS). Très réduit mais justement un peu trop. Le menu, par exemple, à 20€ pour entrée+plat ou plat+dessert, propose en entrée : cuisses de grenouilles ou cassolette de légumes. Peu ragoûtant. Les poissons se résument à deux plats de crustacés (or, je ne mange pas mes congénères) et à un cabillaud sauce au vin. Des saveurs qu’il fallait oser mais qui ne contenteront assurément pas tout le monde.



Fines bouches, mais pas trop quand même, nous accueillons nos apéros en se disant “Tiens, ça serait bien des cacahuètes quand même, ça manque un peu”. Il se trouve que la serveuse arrivait avec deux petites assiettes : pain frais, jambon cru, tapenade maison. OK ! Ils marquent un point ! C’est délicieux, mais on a faim, on attend la suite. L’attente, justement, parlons-en : le gros point faible. Venir à huit n’aide pas, mais nous avons tout de même passé trois heures à table, avec entre trente minutes et trois quarts d’heure d’attente à chaque fois. Au moins les toilettes sont-elles super jolies et sentent bon le propre (mais attention, de l’extérieur on entend tout… !).

Les entrées arrivent, et là, c’est extatique. J’ai goûté le camembert frit et sa figue, ainsi que le crumble de saint-jacques aux poireaux : les deux étaient délicieux. Pas trop gras, raffinés, la quantité parfaite. Viennent ensuite (comme ça on dirait que ça va vite, mais on a déjà tout digéré en fait) les plats. Petit estomac, j’ai tenté la salade végétarienne chaude : des nouilles chinoises côtoient des légumes fondant, voir la photo pour baver dessus. C’était bon mais un peu trop huileux pour moi (petit et légèrement fragile, l’estomac, le comble pour une gourmande  ). L’Homme et d’autres ont tenté les 300 grammes de magret au piment, visiblement très bons. Accompagnés de patate douce et d’une délicieuse polenta au bouillon de légumes maison (exit les frites classiques, vous avez remarqué ?). A noter que ceux qui ont pris le demi coquelet ont mangé lentement, car l’assiette est beaucoup moins copieuse. Mais ça leur apprendra à prendre des plats de nana !

Les desserts sont le petit bémol de la soirée. Pour moi, une profiterole dont le chou est remplacée par un cannelé (serions-nous à Bordeaux ?!) et garnie de, huuumiam, glace caramel au beurre salé. Les autres ont eu des petites choses décongelées et une crème brûlée pistache, ni raffinée ni transcendante. Mais, c’est tellement dur d’exceller sur le plan pâtissier, que, moi, je ne râle pas. Je conserve le souvenir d’un restaurant à l’ambiance feutrée, intimiste, aux saveurs authentiques et travaillées ; au pari osé, au pari réussi.


La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco : Assez cosy, mais peu d'originalité.

Les plats : Pas mauvais du tout ! Peu de plats, mais des choses originales et bien exécutées.

Le service : J'ai le souvenir de serveuses souriantes ! 

Pour un total de : 16/20
Ce qui nous fait un pourboire de : Allez.. 2 sesterces !


This entry was posted on mercredi 17 octobre 2012 and is filed under ,,,,. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response.

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